performance d'équipe : pourquoi la sécurité psychologique est importante
On nous a tous encouragés à sortir de notre zone de confort pour réussir et nous épanouir. Mais qu'en est-il de l'environnement dans lequel nous entrons : dans quelle mesure nous sentons-nous en sécurité ?
Dans le monde du travail, on a tous déjà vécu des situations où il semble plus sûr de se taire que d'exprimer une inquiétude. Des événements comme la catastrophe de la navette Columbia, le scandale des moteurs diesel de Volkswagen, ou d'autres cas similaires, montrent que parfois, le silence n'est pas d'or—il peut avoir de graves conséquences. À l'inverse, prendre la parole face au danger peut parfois sauver des vies.
Dans l'économie actuelle, où l'innovation et la collaboration sont essentielles au succès, avoir des environnements de travail psychologiquement sûrs n'est pas juste un plus—c'est absolument vital pour les entreprises qui visent l'innovation. Pourquoi ? Parce qu'il ne suffit plus d'embaucher les meilleurs employés. Il est impératif qu'ils contribuent activement avec leurs talents et qu'ils travaillent ensemble pour atteindre des objectifs ambitieux.
Bien qu'on nous encourage souvent à sortir de notre zone de confort pour réussir, est-ce vraiment sûr de le faire ? Alors, que se passe-t-il quand on se retrouve dans un environnement psychologiquement dangereux ?
En tant qu'humains, nous sommes programmés pour réagir aux menaces immédiates ou contextuelles. Face à un danger réel ou perçu, notre cerveau passe en mode survie, connu sous le nom de réaction de "combat ou fuite". Au travail, on a tous été confrontés à des jeux politiques toxiques, qui peuvent être comparés à diverses réactions de stress—parfois même combinées pour créer un faux sentiment de sécurité. Qu'est-ce qui les déclenche ? La recherche indique que la cause profonde est souvent la peur interpersonnelle. En réponse à une menace perçue, les gens choisissent souvent de "combattre", de "fuir" ou de "se figer" :
Certains choisissent de "combattre" le danger pour leur "survie" au travail en se lançant dans la politique de bureau : dénigrer les collègues, former des alliances et saper la crédibilité et l'influence des autres.
D'autres peuvent chercher refuge auprès de figures puissantes ou s'abstenir d'exprimer des opinions divergentes ou de sortir de leur zone de confort.
Certains peuvent opter pour un filet de sécurité en restant "invisibles" : faire exactement ce qui est attendu, ni plus, ni moins.
Si ces stratégies primaires échouent, les individus peuvent recourir à des comportements de "servilité" ou d'"effondrement" : soit devenir excessivement agréables et flatteurs, soit se désengager complètement.
Amy Edmondson, Professeur de Leadership et de Management chez Novartis à la Harvard Business School, définit la sécurité psychologique comme une qualité émergente d'une équipe, soulignant qu'elle ne dépend pas de caractéristiques personnelles comme l'introversion ou l'extraversion. La sécurité psychologique d'équipe est la conviction partagée par les membres de l'équipe qu'il est parfaitement acceptable de prendre des risques, d'exprimer des idées et des préoccupations, de poser des questions et d'admettre des erreurs—le tout sans craindre de conséquences négatives.
Que se passerait-il si nous nous sentions moins menacés par la dynamique du travail ? Nous relâcherions les réactions de stress automatiques, souvent subconscientes, et nous nous sentirions suffisamment en sécurité pour sortir de notre zone de confort. Nous abandonnerions le mode survie pour adopter un état d'esprit d'épanouissement. Notre attention s'élargirait et nous serions ouverts aux collaborations, prêts à apprendre de nos échecs, à proposer des initiatives, à nous engager dans le travail d'équipe et à envisager de nouvelles possibilités.
C'est ainsi que nous entrons dans la zone d'apprentissage—la porte d'entrée de la zone de croissance, où l'innovation prospère.
