échapper au piège de l'épuisement professionnel
On aspire tous à donner le meilleur de nous-mêmes au travail : être calme, plein d'énergie et engagé, bref, à fond dans ce qu'on fait. Après tout, c'est aussi ce qu'on voudrait pour notre chirurgien, le pilote de notre avion ou le prof de nos enfants, non ?
Mais soyons réalistes, on se retrouve souvent à l'opposé : complètement vidé, à plat et découragé. Ça arrive surtout après une période de boulot intense, des échanges stressants ou des conflits avec des collègues.
Se retrouver dans la zone de survie
Pourquoi les taux de burn-out sont-ils si élevés dans toutes les entreprises du monde ? Une étude de Tony Schwartz, PDG de The Energy Project, révèle une tendance inquiétante : beaucoup d'employés ne sont pas souvent dans leur zone de performance. En fait, on est trop nombreux à fonctionner en mode "survie", à dépenser trop de temps et d'énergie à gérer le stress, la frustration, l'impatience, la peur et la défensive. Les attentes traditionnelles du monde du travail, souvent très compétitives, contribuent à ce phénomène.
Le problème, c'est qu'on ne peut pas être au top de notre performance quand on est dans un état d'esprit négatif. Au lieu de se concentrer sur notre mission, on utilise notre énergie mentale à gérer des menaces potentielles.
Les conséquences physiologiques
Au niveau physiologique, le mode survie déclenche la réaction automatique de "combat ou fuite", inondant notre corps d'hormones de stress comme l'adrénaline et le cortisol. Mais le cortisol n'est pas fait pour rester longtemps dans notre organisme, et quand c'est le cas, il affaiblit notre système immunitaire, ce qui peut entraîner des problèmes de santé à long terme. En plus, il bloque notre cortex préfrontal, là où se trouve notre capacité de raisonnement. Et enfin, il vide rapidement notre réserve d'énergie. Passer trop de temps dans cette zone de "survie" peut nous mener tout droit vers la zone de "burn-out" : manque d'énergie, état d'esprit négatif.
Se libérer de la culture de la peur
Beaucoup d'organisations utilisent encore le modèle de la "carotte et du bâton", qui se transforme souvent en systèmes de récompenses basés sur la peur. Cela crée une culture où une grande partie des employés fonctionne en mode "survie", ce qui nuit à la performance collective de l'équipe sur le long terme.
Pour contrer ce système, il faut agir sur deux fronts. D'abord, il est essentiel de prévoir du temps pour la récupération positive : la zone de "renouvellement" d'énergie. Ensuite, il faut compléter cela avec une culture de travail axée sur la motivation intrinsèque et la sécurité psychologique.
Pour faire un parallèle avec le sport, l'approche de Schwartz suggère qu'il vaut mieux voir notre travail comme une série de sprints plutôt que comme un marathon. Comme les athlètes, les employés devraient alterner des périodes de travail intense et des moments de récupération efficaces. Cette approche aide à maintenir un niveau d'énergie élevé de manière durable, en gardant les individus engagés, motivés et performants.
Imaginez-vous, vous et vos collègues, arrivant au travail plein d'énergie et motivés, et repartant chez vous avec un sentiment d'accomplissement et de satisfaction.
Alors, dans quelle zone votre équipe a-t-elle tendance à évoluer ? Selon vous, qu'est-ce qu'il faudrait faire pour passer plus de temps dans la zone de renouvellement ?
